Angleterre, vendredi 13 février 2009, à 21
heure...
Je résume rapidement ma situation, parce
qu'y repenser me donne envie de... vomir. Tellement écœurant
! Ah ! Si je pouvais je l'étriperai ce petit guignol de Jack qui
m'a trompée avec cette... cette... cette Barbie bon Dieu de merde !
Avec la sosie de Barbie, livrée sans cerveau, comme
convenu...
Donc voilà,
par une magnifique soirée d'un superbe Vendredi Treize Février,
sous une pluie torrentielle, je rentre chez moi, toute contente en
pensant à la fête du lendemain. Et c'est dans l'idée de passer une
bonne nuit avec mon chéri que j'entre naïvement dans le salon et
que j'allume la lumière. Et là, horreur !!! Qu'est ce que je vois
?! Une Barbie transgénique assise bien tranquillement, complètement
nue, sur le seul homme de MON appartement, Jack ! Puis ? Et bien,
j'ai eu un superbe réflexe... Je suis sortie de l'appartement après
un "tu vois pas que tu nous déranges" de mon cher et tendre (
que j'ai dorénavant envie de castrer une bonne fois pour
toute ). J'ai claqué bien bruyamment la porte avec les yeux
embués de larmes. Bien entendu, j'avais posé mes sacs à
l'intérieur, et les clés étaient bien sûr, rien que pour m'embêter,
dans ces dits sacs... Haha ! Argent, papiers, clés, vêtements...
Tout, absolument tout, était dans MON appartement que squattaient
Barbie et Ken personnifiés sur notre pauvre Terre qui elle n'avait
rien demandé... Et après ? Qu'est ce que j'ai fait ? J'ai fait un
truc tout aussi stupide que fermer la porte et sortir de
l'appartement au lieu de chasser les deux crétins... Je me suis
enfuie en courant je ne sais pourquoi, sous la pluie, et me suis
réfugiée sous un toit qui me protégeait légèrement de la
pluie.
Après quelques
minutes passées là à me morfondre sur mon sort, je vis un chat,
noir, juste en face de moi, sans un centimètre carré de poils
mouillé. Il devait bien se marrer en me voyant ruminer mes
malheurs:
-Que fais-tu
ici, petite bête ? Tu t'es perdue ? Je m'appelle Kim... J'en ai
vraiment marre de cette ville où il pleut tout-le-temps !
grognais-je en tapant du
poing par terre tout en regardant le ciel d'où tombaient les
milliers de gouttes.
Et voilà que je parle à un chat... Je dois vraiment avoir
l'air cinglée à raconter mes malheurs à un animal... Ça me rappelle
un vieux souvenir, il y a seize ans..........
En fait, mon
histoire commença réellement le 15 novembre 1993, à 19
heure...
J'avais tout juste six ans, je venais de
faire ma rentrée en primaire, après un déménagement précipité de
mes parents. Ce fût une arrivée plutôt mouvementée. Je n'ai pas
vraiment été accueillie chaleureusement...
C'est là qu'on se rend compte que la haine
commence très tôt dans notre monde. A peine six ans, et on se jette
des pierres ! C'est beau la jeunesse...
Des garçons de ma classe m'avait suivi et
couru après en me lançant des objets. Franchement, je ne vois
toujours pas pourquoi ils me détestaient au point de me
poursuivre...
J'ai eu tellement peur que je me suis enfuie
n'importe où sans regarder où j'allais. J'ai couru jusqu'à ne plus
avoir d'énergie, jusqu'à ce que mes jambes ne puissent plus me
porter. Je me suis écroulée dans une ruelle déserte, la même où je
suis actuellement. J'étais complètement perdue, et j'avais très
peur. Peur que personne ne me retrouve ou pire encore: que les
garçons de l'école me retrouvent et me fassent du mal.
J'ai donc passé 3 heures dehors,
recroquevillée dans ce cul-de-sac, sous la pluie. J'aurais pu
m'endormir tellement la ruelle était calme, mais la peur me tenait
éveillée. Seulement, après un certain temps, je remarquai enfin le
chat noir, qui me regardait patiemment. Il n'avait pas de collier,
et ne semblait pas appartenir à quelqu'un, mais pourtant, son poil
était brillant et propre. Il paraissait attendre quelque chose,
mais... quoi ?
-J'ai, ... rien pour toi à manger... dis-je
en un sanglot.
Mais le chat restait, j'étais sûre qu'il
comprenait ce que je lui disais, et cela me rassura:
-Toi
aussi tu es perdu ? Tu cherches ta famille ? Je voudrais rentrer
chez moi. Mais je sais pas où aller...
A ces mots, le chat s'en alla.
-Où
tu vas le chat ? Reste ! S'il te plait ! rappelais-je le chat, les larmes recommençant à couler
sur mes joues.
Il disparut de mon champs de vision, et
subitement, réapparut. Il revint se poster devant moi, et repartit.
Il continua cet étrange manège deux, trois fois jusqu'à ce que je
comprenne où il voulait en venir : il souhaitait que je le suive
!
-Tu
veux que je te suive ? Eh ! Attend moi !
J'ai couru après le chat, qui accélérait déjà
le pas en me voyant le suivre. J'étais tellement fatiguée et
engourdie par le nombre d'heures restée immobile sous la pluie, que
je tombais sans arrêt, mais le chat, lui, attendait toujours
patiemment que je me relève.
Je ne sais pas combien de temps j'ai couru
après ce chat, mais j'ai eu l'impression que c'était une
éternité.
Je suis finalement arrivée devant chez moi,
la pluie avait cessée. Mes parents étaient complètement effondrés
devant le pallier, attendant que la police revienne avec moi. Quand
ils me virent, ils explosèrent de joie, et je courus vers eux en
pleurant toutes les larmes de mon corps, si c'était encore
possible, vu le nombre d'heures pendant lesquelles j'avais
pleuré.
Mes parents me demandèrent pourquoi je
m'étais enfui, où j'étais allée pendant tout ce temps et surtout,
comment j'avais pu rentrer.
Je leur racontais toute l'histoire, de ma
rentrée foireuse à maintenant en passant par le chat. En parlant du
chat, je me suis souvenue qu'il n'avait pas de propriétaire, et je
suppliais mes parents de l'adopter. Mais à ce moment là, mes
parents me répondirent :''Quel chat?''
Quand je me suis retournée, le chat avait
disparu.
Ce moment restera toujours dans ma mémoire,
car, j'ai appris un peu plus tard, que des élèves de mon école
avaient été menacé le jour de ma ''disparition'' à l'endroit où je
me trouvais. Et de plus, ces élèves n'étaient autres que les
garçons qui me persécutaient. Un hasard, dirait-on...
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