Après un quart d'heure de trajet, le chauffeur m'annonça le prix après s'être arrêté devant la maison de ma mère:
-80 livres ?! Vous vous foutez de ma gue... de moi ?! criais-je.
-Héhé ma p'tite dame, je suis navré, mais c'est comme ça ! Vous êtes au courant que l'essence est chère en ce moment ?
-L'essence chère nan mais on aura tout entendu ! Le prix a baissé ! Arnaqueur du dimanche ! Et puis de toute façon j'ai pas d'argent, jubilais-je en lui tirant la langue et en sortant en courant de la voiture.
-J'espère que vos amis vous aiment fort ! Quatre-vingts livres dans la tronche de la part d'un proche rien que pour le taxi ça fait mal au cul ! gesticula-t-il par la fenêtre.
-Ce ne sont pas mes amis, imbécile ! J'en ai rien à faire de ce qu'ils pensent de moi ! lui répondais-je au quart de tour.
Oui je sais: ingrate. Mais que voulez vous ? Je suis comme ça, et puis c'est pas que je ne les aime pas, au contraire. C'est juste pour faire chier ce chauffard de mes deux.
Bon, me voici enfin devant la maison de ma mère. Je la vois par la fenêtre, assise devant la télé. Apparemment elle est rentrée de son voyage... Vous me demanderiez : ''elle ne dort jamais ta mère ou quoi ?'', et je répondrai que sa vie est difficile depuis 2 ans. Tout est identique à mon jeune âge ( on dirait une vieille qui parle ... ), tapis, parquets, papiers peints, meubles, tout...
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Tout à l'exeption d'une chose, enfin, plutôt d'une présence: celle de mon père, décédé en 2007 suite à un cancer. Les seuls restes de lui sont dans la chambre de ma mère, sur une table dans une urne terne et grise. Mon pauvre père, lui qui aimait tant la couleur et les paillettes, il se retrouve dans une petite boîte sans aucune couleur, sans rien d'extravagant. J'avais projeté de coller des paillettes sur son urne, de la peindre, mais ma mère m'a répondu qu'elle le ferait elle même. Elle dit ça depuis la mort de mon père.
Ils étaient ensemble depuis leurs 20 ans, donc sa réaction est compréhensive. Mais cela me désole de la voir dans cet état. J'aimerais qu'elle essaye de bouger, voir ses amies, faire des rencontres au lieu de rester comme un légume devant la télé, ou à regarder de vieilles photos. Mais dès que j'aborde le sujet, elle se renferme sur elle même et c'est encore pire. Il lui est même arrivé de me hurler dessus en disant que mon père n'avait pas d'importance pour moi, que sa mort m'arangeait et que je pouvais aller au diable avec mes idées. Je restais de marbre face à ses stupides accusations, car je savais bien qu'elle était complétement bouleversée, et tordue par la douleur de la perte de l'être qui comptait le plus pour elle. Et oui, c'était comme ça avec ma mère, je passais toujours après mon père, même encore maintenant.
Effectivement il y avait une faute ^^ Merci ^^
















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